Apporter un survêtement à un proche détenu : couleurs, capuche, dépôt

Nike
Sweat à quart de zip Nike noir sans capuche, pantalon en molleton gris et pantalon en molleton rouge

Quand un proche est incarcéré, les vêtements font partie des premières choses à organiser. Le guide remis aux personnes détenues par le ministère de la Justice le dit dès les premières pages : dès l’arrivée, la famille ou les amis peuvent apporter du linge, à des jours et horaires précis. Le survêtement est un choix naturel : confortable, facile à laver, il se porte toute la journée. Mais un survêtement pour un détenu ne se choisit pas tout à fait comme un autre : certaines pièces sont refusées à l’entrée, et les règles varient d’un établissement à l’autre.

Ce qui suit s’appuie uniquement sur des textes officiels et des documents d’établissements, avec leurs liens. Là où ils se taisent, nous le disons.

Le principe : la personne détenue porte ses propres vêtements

C’est l’article R332-35 du code pénitentiaire qui le fixe : chaque personne détenue porte les vêtements qu’elle possède, apportés par ses proches ou achetés par l’intermédiaire de l’administration, sauf si le chef d’établissement en décide autrement « pour des raisons d’ordre, de sécurité ou de propreté ». Le même article prévoit que des vêtements peuvent être fournis à la personne dont les ressources sont insuffisantes.

Tout tient dans cette réserve : c’est chaque établissement qui précise, dans son règlement intérieur, ce qui entre et ce qui n’entre pas.

La capuche : interdite, et c’est écrit noir sur blanc

Sur ce point, les sources nationales sont claires. Le guide « Je suis en détention » du ministère de la Justice (édition 2026) range parmi les objets qu’on ne peut pas garder en cellule « les vêtements à capuche et les vêtements qui ressemblent aux tenues du personnel ». Dans une réponse à une question écrite publiée en 2016, le ministère précise que les vêtements à capuche, et plus largement tout vêtement qui empêcherait de reconnaître facilement la personne, sont proscrits depuis 2008.

Pour un survêtement, cela exclut les sweats à capuche, les vestes à capuche fixe et la plupart des coupe-vent. Restent les vestes zippées à col montant et les sweats à quart de zip, qui sont justement les hauts d’entraînement les plus courants.

Le bleu : ce que disent vraiment les règles

On entend souvent que « le bleu est interdit en prison ». C’est plus précis que ça. La note de l’administration pénitentiaire du 20 décembre 2013, qui accompagne les règlements intérieurs des établissements et leur propose un modèle, interdit les vêtements « pouvant provoquer une confusion avec l’uniforme pénitentiaire ou tout autre uniforme », sans nommer de couleur. Dans la même liste figurent les imprimés camouflage, les vêtements pouvant servir à masquer une identité (cagoule, capuche, casquettes), les inscriptions provocantes, la veste de costume (confusion avec un intervenant), et les vêtements en cuir, doublés ou matelassés.

Ce sont les établissements qui traduisent la règle en couleurs. Deux exemples de documents remis aux familles :

  • au centre pénitentiaire de Paris-La Santé, la liste du linge autorisé au parloir (mise en ligne en 2018) interdit « les vêtements de couleur bleu marine, kaki ou de camouflage », les vêtements à capuche, doublés ou matelassés, et les doudounes ;
  • au centre pénitentiaire de Caen-Ifs, la note sur les sacs de linge (janvier 2024) interdit les vêtements bleu marine, kaki ou camouflage, mais aussi la polaire noire, la veste matelassée épaisse, la chemise unie blanche et les vêtements à grand col pouvant dissimuler le visage.

L’Observatoire international des prisons, qui a étudié ces règlements en 2022, cite le bleu marine, le bleu clair, le kaki et le camouflage parmi les teintes proscrites, et relève de fortes différences d’un établissement à l’autre, y compris dans la façon d’appliquer les règles.

Le bleu marine est donc la couleur la plus souvent interdite, le bleu clair l’est dans certains établissements, et aucun texte national ne bannit « le bleu » en général. Un bleu roi n’apparaît dans aucune des listes que nous avons lues, mais rien ne garantit qu’il passera partout : sans confirmation de l’établissement, choisir une autre couleur évite un sac refusé.

Choisir un survêtement qui passera

En croisant ces règles, le profil du survêtement sans risque se dessine : pas de capuche, pas de bleu marine ni de bleu clair, pas de kaki ni de camouflage, rien de matelassé ni de doublé, pas de cuir, pas de col qui monte jusqu’au visage. Le gris, le noir (attention à la polaire noire à Caen-Ifs), le rouge ou le vert ne figurent parmi les couleurs interdites d’aucune des listes consultées. Les tenues d’entraînement en polyester, Strike ou Academy chez Nike, cochent la plupart des cases.

Sweat à quart de zip et pantalon Nike noirs, swoosh blanc sur les deux. Col montant classique et pas de capuche.
Sweat et pantalon Nike Academy gris, avec une bande turquoise sur le côté. Une teinte loin du bleu marine, et pas de capuche.

Côté bas, un pantalon en molleton fait aussi l’affaire : le Nike Sportswear Club existe en gris, en rouge et en vert.

Pantalons en molleton, hors bleu

3 pièces sur Foot.fr, prix relevés le 23 octobre 2026

Évitez en revanche les hauts matelassés, même fins : un sweat Nike Therma-FIT à plastron matelassé, par exemple, tombe sous l’interdiction des vêtements matelassés qu’appliquent La Santé et Caen-Ifs.

Le dépôt au parloir

Le guide du ministère décrit le déroulé général. Les visiteurs déposent tout ce qu’ils apportent (objets, linge, courrier) dans un casier à l’entrée du parloir, et les surveillants contrôlent avant la visite. Le linge et les chaussures peuvent être apportés, après autorisation du chef d’établissement, selon le règlement intérieur, qui fixe aussi les conditions d’échange du linge sale contre du linge propre.

Le reste dépend de l’établissement. À La Santé, le linge doit être remis dans un cabas, avec une fiche d’inventaire remplie et signée, et des quantités maximales par type de vêtement (d’après la liste de 2018 : un haut et un bas « de sport », trois pulls ou sweats, trois pantalons). À Caen-Ifs, c’est un seul sac par semaine contre un sac de linge sortant, de type sac de courses fermé (sacs à dos et valises refusés), avec au plus trois pantalons, shorts ou pièces de survêtement par semaine et un blouson sans capuche tous les trois mois ; les objets interdits sont rendus immédiatement à la famille.

Avant d’y aller

Où trouver les règles de l’établissement ?

Dans son règlement intérieur, dans le livret d’accueil remis aux familles, et auprès de l’accueil des familles de l’établissement. Les listes changent : celle de La Santé citée plus haut date de 2018, elle a pu évoluer depuis.

Peut-on envoyer le survêtement par la poste ?

L’édition 2019 du guide du ministère présente l’apport de linge au parloir comme une dérogation à « l’interdiction de principe » de recevoir des objets de l’extérieur. Le linge passe donc par le parloir ou par les dépôts que l’établissement organise, pas par colis, sauf indication contraire de l’établissement.

Un survêtement neuf avec ses étiquettes ?

Les textes consultés ne disent rien sur ce point pour les vêtements. Certaines listes précisent en revanche que les chaussures doivent être neuves (c’est le cas à Caen-Ifs) : là encore, la liste de l’établissement fait foi.

Dans une question écrite de 2015, un député rappelait que le Contrôleur général des lieux de privation de liberté recommandait d’accroître la tolérance vestimentaire en détention. En attendant, la meilleure façon d’éviter un sac refusé reste de se renseigner auprès de l’établissement avant le parloir.